Ce qu’un enfant

ne dit pas

La plupart des gens vivent le travail comme une corvée (notamment les enfants) alors je leur propose des habitudes simples et personnalisées qui les aident à être plus productifs, plus efficaces et plus épanouis.

L’incompréhension des enfants

L’une des raisons pour lesquelles je me passionne pour l’éducation est que l’enfant est un miroir brut de notre société. Son incompréhension face à ce qui nous parait évident prouve qu’il y a un recul à réaliser.
Par exemple, il est plus facile d’enseigner la politesse que le respect.
Ainsi, nous exigeons qu’ils répètent certains mots alors qu’ils n’y mettent aucune sincérité. Nous nous disons qu’ils comprendront plus tard sauf que, dans la plupart des cas, ils se contentent de se soumettre pour éviter le conflit.
Notre société est un ensemble de protocoles qu’il faut maitriser pour “réussir”.
Nous disons tous préférer la spontanéité et les relations naturelles. En fait, nous préférons les personnes qui appliquent les mêmes protocoles que nous de manière naturelle, sans être meilleures que nous. C’est plus confortable.
Malheureusement, pour un enfant qui essaie de se construire une identité et donc d’être différent, c’est un calvaire. Ainsi, il arrive que les enfants se taisent car ils ignorent comment exprimer ce qu’ils ressentent ou pensent.
Nous leur imposons une communication basée sur les mots, ce qui limite l’expression d’émotions aussi nuancées. Nous trouvons plus mature celui qui expose les raisons de sa tristesse («je suis triste car..») que l’enfant pleurant pour extérioriser l’émotion et donc s’en débarrasser.
Ce qui est bien plus problématique est qu’ils se taisent parfois car ils n’ont pas la sensation d’être écoutés ou compris.

 

Les adultes sont des enfants

qui pensent avoir grandi

Dès qu’un adulte a un problème, nous analysons son enfance car, qu’on le veuille ou non, nous sommes encore influencés par nos expériences passées.
Ainsi, cet article axé sur la communication est également valable pour les relations entre adultes.
Peu importe la personne en face, enfant ou adulte, nous sommes limités dans notre communication et nos actions. Nous aimerions connaitre l’autre suffisamment bien pour anticiper ses réactions et actions.
(C’est pour cette raison que nous privilégions les personnes qui nous ressemblent en terme de protocoles, c’est plus confortable car nous pouvons prédire.)

 

Malheureusement, avec l’enfant c’est plus difficile car nous devons comprendre une personne qui cherche à se comprendre..
Les parents se trouvent coincés car le silence en face limite leur capacité à prédire, anticiper et donc contrôler. S’étant habitués à contrôler durant les premières années de l’enfant, il leur parait plus naturel de continuer ainsi.
(Par exemple, j’apprends aux ados à faire un planning afin qu’ils puissent s’imposer à la maison en affichant leur organisation et éviter les «habille-toi, on sort»)

 

Récemment, j’ai vécu cette anecdote

Une mère me contacte car son fils ne travaille pas à la maison et passe son temps sur son téléphone, enfermé dans sa chambre. J’accepte de prendre en charge l’enfant et invite la mère à lui partager mes réseaux sociaux afin qu’il découvre mon travail.
Dès le premier cours, le fils m’indique avoir commencé à faire un planning. Il m’avoue avoir du mal mais est motivé pour progresser. Les séances se passent bien, l’enfant est volontaire et en moins d’un mois il m’indique se sentir plus à l’aise en Maths, sa bête noire.
Plus tard, en discutant avec la mère, je profite pour demander son ressenti. Elle m’indique constater aucun changement… Bon…
Je décide d’en discuter avec le fils avant de me faire une idée. Il m’indique alors fuir sa mère pour travailler. Il a l’impression qu’elle veut tout contrôler. Il doit s’isoler pour se concentrer car sa mère l’interrompt régulièrement pour savoir ce qu’il fait. Je reconnais le problème à ces quelques mots.

 

Maman s’inquiète concernant l’avenir et veut être sûre d’offrir à son fils toutes les chances de réussir. Elle a donc besoin d’être régulièrement rassurée. N’étant pas consciente de cela, elle s’impose malgré elle et a du mal à lâcher prise. Elle se persuade qu’elle pourra/saura faire confiance quand les notes seront convaincantes.
Malheureusement, le fils ne le perçoit pas ainsi. Il veut prouver et se prouver qu’il peut réussir. Il veut qu’on lui offre une certaine confiance dès maintenant. Ainsi, il fuit sa mère, ce qui l’incite à s’imposer davantage car son besoin d’être rassurée n’est pas satisfait. Une fois qu’on a mis des mots sur le problème, la solution parait évidente. Encore faut-il comprendre le problème..
Tout le monde dit que la communication est importante. C’est si important que peu de personnes s’y intéressent au point de se former..

 

La communication commence avec soi

Être clair avec moi-même me permet de me concentrer sur les autres car je reconnais mes ressentis et peut décider d’en faire abstraction. Ce travail sur moi me permet d’écouter mes clients sans réagir émotionnellement au point d’oublier mon objectif dans la discussion qui est d’écouter et d’aider, non de juger. C’est évidemment un travail à réaliser sur une vie car chaque seconde est une expérience qui peut nous influencer.
Si la mère était claire quant à ses besoins personnels, elle trouverait d’autres solutions pour se sentir rassurée donc satisfaite et pourrait en discuter avec son fils.

 

Notre logique nous limite

Les émotions sont le langage le plus naturel. Elles ne répondent par contre à aucune logique. Nous pouvons être triste en écoutant une bonne blague car elle nous rappelle un événement triste sans que nous nous souvenions de l’événement. Nous sommes alors tristes sans “raison”.
Que fait notre cerveau dans cette situation ? Il rationalise et comble les trous.
Par exemple, la couleur rose n’existe pas dans la nature. Notre cerveau la crée afin de déchiffrer ce qu’il croit percevoir. Ainsi, quand nous vivons une situation avec des trous, nous supposons. Il nous est plus naturel de penser savoir que d’accepter notre ignorance.
Notre chère maman décrète que son fils ne travaille pas car elle ne le voit pas travailler et qu’il passe sa journée sur son téléphone car elle le voit avec.

 

Nous aimons les problèmes

Si je vis une situation gênante sans la définir comme un problème alors je ne peux chercher et trouver de solution. Je dois la vivre sans savoir quoi faire, l’enfer!
Ce mécanisme inconscient est responsable de la dualité qui anime notre société. Par exemple, aucune émotion n’est mauvaise.
La frustration de cette mère n’est pas mauvaise. C’est un signal indiquant que l’un de ses besoins n’est pas satisfait. Avant de chercher comment satisfaire notre besoin, nous devons nous demander si nous avons besoin de le satisfaire. Que se passe-t-il en nous pour que nous ressentions ce manque et donc ce besoin ?
Même si le fils ramène de bonnes notes, la mère ne sera pas rassurée.
Comment un parent peut-il être confiant avec ce que nous voyons à la télé ? L’incertitude concernant demain est normal donc la frustration de cette mère n’est pas uniquement liée à demain.
Peut-être est-elle en fait frustrée de ne pas être aussi proche qu’elle le souhaite de son fils ? Pensant que son rôle de mère est d’assurer l’avenir, elle parle uniquement de travail et de notes au lieu de s’asseoir avec lui et de rire sans raison..
Ainsi, il est plus facile et confortable pour cette mère de localiser un problème chez son fils en rappelant qu’elle le connait (car elle comble des trous) et en niant sa part de responsabilité.
Les enfants ne diront jamais tout car trouver le bon mot au bon moment est déjà difficile pour un adulte expérimenté.

 

La meilleure façon de communiquer

– communiquer avec soi-même (être le plus clair possible),
– leur montrer qui on est vraiment,
– accepter l’incertitude.
Les enfants ont aussi besoin d’exemples.  Il est plus intéressant et facile de copier une personne épanouie et claire qu’une personne portant la casquette de parents. Un bon professeur est aussi compétent dans sa matière que dans l’enseignement de celle-ci.
De plus, l’objectif n’est pas de leur apporter des solutions car cela sous-entendrait que ce qu’ils vivent ou ressentent est un problème.
Comprendre ce que nous ressentons suffit bien souvent à diminuer le pouvoir de l’émotion ou de la situation sur nous. Cette clarté est ce qui est proposée à travers la méditation par exemple.
Cette base une fois instaurée, il est important de rendre la communication normale et fluide. Les enfants n’écoutent pas pour deux raisons :
1. ils ne se sentent pas écoutés
2. les parents sont chiants.
En plus de ne pas être clairs avec eux-mêmes, les parents parlent uniquement quand ça ne va pas. Comme dit le rappeur Vîrus : « Quand ça va je n’ai rien à dire, quand ça ne va pas je ne dis rien. »
Discutons même quand nous n’avons rien à nous dire afin qu’il nous paraisse normal de discuter de sujets importants voire graves.
Nous pouvons par exemple créer un lien à travers nos passions..
L’expression «il faut qu’on parle» crée un malaise et ça c’est un problème.

 

Dans cet article..

..j’ai uniquement analysé la mère car le raisonnement est le même pour le fils. De plus, il est plus difficile pour un enfant de changer ses parents que l’inverse. Et comme tout changement commence par soi, c’est à nous adultes d’améliorer notre communication pour mieux guider les enfants.
Nous ne pouvons d’attendre des enfants qu’ils expriment leurs émotions ou pensées, surtout de manière efficace, quand nous n’arrivons pas à le faire nous-mêmes et que nous préférons combler les trous plutôt que nous intéresser sans jugement aux autres.

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